Une stagiaire anglophone au RIF-SK pour l’été!

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Depuis le 20 juin 2018, le RIF-SK accueille Michelle Bruce dans le cadre d’un stage linguistique en milieu francophone. Ce programme d’échange est une initiative du Comité des langues officielles des Prairies. Il donne l’occasion aux employés fédéraux de travailler bénévolement dans un organisme à but non lucratif de la communauté de langue officielle en situation minoritaire afin d’améliorer leurs compétences linguistiques. La durée du stage est de trois mois à raison d’une journée par semaine.

Dans ce contexte, le RIF-SK a la chance d’accueillir cette année Michelle Bruce. Michelle est une employée du ministère Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) depuis 2007. En tant que gestionnaire nationale des véhicules, elle a besoin et intérêt de parler les deux langues officielles pour son travail. Elle a acquis sa formation linguistique par l’étude indépendante, à l’université de Regina, et récemment, avec un enseignant privé. Elle espère que cette expérience au sein du RIF-SK l’aidera à améliorer son aisance à l’oral.

En échange, Michelle apporte au RIF-SK des compétences solides acquises au sein du gouvernement pour les appliquer dans le milieu communautaire. À Agriculture Canada, elle est responsable de la gestion des véhicules assignés aux 20 centres de recherche d’AAC, au Canada. Les compétences de Michelle incluent la rédaction de politiques, la gestion de budgets pour l’achat des véhicules automobiles et la gestion de projets pour les véhicules électriques. Elle appuiera donc le RIF-SK dans ses projets, communications et processus internes.

Conversation avec Éric Lefol

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Éric Lefol animant la rencontre du RCA de Saskatoon, le 25 avril 2018, au Relais. Crédit: Marie Galophe

Le visage d’Éric Lefol est familier des habitants de Saskatoon qui le croisent au hasard des rues du village francophone, des évènements communautaires aussi bien francophones qu’anglophones, des spectacles. À vélo ou à pied, cet amoureux de la cause communautaire francophone en milieu minoritaire est toujours prêt à relever de nouveaux défis, sur le plan personnel et professionnel. Directeur général de la Fédération des francophones de Saskatoon (FFS), il est aussi le représentant du Regroupement des communautés d’accueil (RCA) de Saskatoon au sein du RIF-SK. Les RCA visent à aiguiller les nouveaux arrivants à l’échelle locale vers les bons services pour eux. Nous lui avons donc posé quelques questions à ce sujet…

 

En quoi la FFS joue-t-elle un rôle-clef à l’échelle locale pour les nouveaux arrivants ?

 

La Fédération des francophones est à l’écoute de son public à Saskatoon et adapte ses activités selon les besoins du public. Nous entretenons une culture favorable à l’innovation dans le groupe pour réagir aux changements dans la communauté, qu’ils soient liés aux besoins qui évoluent, à la mode, ou à la composition elle-même de la communauté. Dès le début des années 2000, la nouvelle croissance économique de la province a entraîné une augmentation de population à Saskatoon et une arrivée plus importante d’immigrants francophones. En 2004, la Fédération commence à participer à des groupes de discussion provinciaux sur l’accueil des nouveaux arrivants. La première journée d’information pour les nouveaux arrivants est organisée en 2006, et le premier guide pour les nouveaux arrivants est publié cette même année. Les premiers parrainages sont initiés en 2007. La première foire pour l’emploi est mise en place en 2008.

Aujourd’hui des groupes provinciaux ont mis en place des services pour les nouveaux arrivants, et de nouveaux groupes ont été formés. Ces groupes font maintenant un travail très important, que la Fédération n’aurait pas la capacité de réaliser. La Fédération collabore avec ces différents groupes et poursuit son action principalement à 2 niveaux :

  • Mise en place d’événements ou activités ciblés pour le public des nouveaux arrivants, le plus souvent en collaboration avec d’autres groupes.
  • Information et orientation des nouveaux arrivants qui se présentent à Saskatoon, en personne et aussi par téléphone. La Fédération possède une excellente visibilité sur internet et nous sommes souvent contactés de l’étranger par des personnes qui souhaitent venir s’établir à Saskatoon.

Comment se manifeste ton engagement vis-à-vis de l’immigration francophone sur le plan personnel ?

 

Je suis engagé en tant que bénévole dans la communauté francophone de Saskatoon depuis 1993. J’ai tout de suite réalisé que cette communauté, basée sur le travail des pionniers qui ont construit l’infrastructure que nous connaissons en moins de 100 ans, a les bras grands ouverts pour les nouveaux venus qui souhaitent amener leur propre contribution à la construction communautaire.

En 2006, alors que la Fédération souhaitait renforcer sa participation auprès de la Mairie de Saskatoon, j’ai posé ma candidature pour faire partie du Comité multiculturel, et j’ai siégé sur ce comité de 2006 à 2012. Ceci m’a permis de faire entendre la voix des francophones dans la mise en place de nombreuses nouvelles stratégies et programmes nouvellement développés par la ville de Saskatoon pour l’accueil des nouveaux arrivants.

Lorsque nos enfants ont commencé à quitter la maison pour voler de leurs propres ailes, nous avons accueilli dès 2007 des nouveaux arrivants à notre domicile. Lors des premiers accueils, peu de services étaient en place et l’accompagnement était très complet : nous allions chercher les personnes à l’aéroport et leur donnions une chambre pour leurs premières semaines ou premiers mois en ville. Nous leur faisions visiter la ville, les aidions à faire leurs démarches administratives, trouver un logement, et les conseiller sur mille petites choses à propos de la vie à Saskatoon. Aujourd’hui, la plupart des services sont disponibles et notre rôle principal est de présenter ces nouveaux arrivants à d’autres personnes de la communauté qui ont des intérêts communs avec eux, et de les accompagner dans leur découverte touristique et historique de leur communauté d’accueil.

Depuis 2007, nous avons donc accueilli chaque année des nouveaux arrivants. Certains étaient seulement de passage, certains se sont établis ici. Nous avons eu le plaisir de rencontrer des personnes d’Afrique centrale, d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique du Nord, de Bulgarie, de la Belgique et de la France.

En quoi l’immigration francophone a-t-elle changé le visage de Saskatoon, aussi appelé le Paris des Prairies ?

 

Le développement de l’agriculture et de l’industrie dans les Prairies a été mené dès le début des années 1900 par l’arrivée importante de pionniers venant d’Europe Centrale, de l’Ouest et du Nord. Les pionniers majoritaires étaient les Ukrainiens, les Allemands, les Anglais, les Français, et les Norvégiens. Sont venues ensuite des personnes de Chine, de Grèce, et plus récemment d’Afrique. Saskatoon bénéficie de ce riche et diversifié héritage culturel, qui est très frais dans les mémoires, car il ne date que d’une centaine d’années.

Les francophones quant à eux, présentent toute une diversité. Certains ont leurs racines installées au Canada depuis les années 1500, entremêlées avec celles des Premières Nations et des Métis. Certains ont pour ancêtres canadiens les pionniers des années 1900, certains sont eux-mêmes des nouveaux arrivants venant d’Europe, d’Afrique, des Caraïbes ou de l’Asie. Cette diversité intrinsèque a toujours poussé la communauté francophone à avoir une démarche inclusive pour mettre en valeur toutes les facettes de la francophonie. Cette approche inclusive est maintenant mise en place par la communauté anglophone majoritaire et nous pouvons apporter notre expérience dans cette démarche.

Un autre secteur important pour la communauté francophone est celui des arts et de la culture. Bien que les francophones représentent moins de 10 % de la population de Saskatoon, vous pourrez toujours trouver 20 à 30 % de francophones dans les expositions, vernissages, ou concerts classiques programmés en ville. Le public francophone aime les arts, et il y a de nombreux artistes canadiens francophones. Une des contributions importantes de la communauté francophone est dans la promotion et la diversification des arts.

Quelles sont les activités phares de la FFS cette année en lien avec l’immigration francophone ?

 

L’activité la plus importante est certainement l’information et l’orientation au téléphone et en personne, pour les nouveaux arrivants qui s’installent à Saskatoon. Cette activité, bien que peu visible de notre grand public, est critique pour un bon accueil et une bonne intégration des nouveaux arrivants.

L’année 2018-2019 va être marquée par l’implantation de nouvelles soirées mensuelles de rencontres et discussions sur tous les sujets qui peuvent intéresser les nouveaux arrivants : de la présentation des activités intéressantes à faire à Saskatoon, jusqu’à la discussion des meilleures pratiques lors d’un entretien d’embauche, en passant par l’explication du formulaire de déclaration d’impôts, et l’explication du jeu de Curling. Ces soirées seront mise en place en collaboration avec toutes les associations et institutions francophones de Saskatoon.

Nous poursuivons les activités régulières encourageant l’intégration des nouveaux arrivants, notamment des 5 à 7 avec des thématiques variées internationales, et des ateliers de cuisine du monde.

 

Aux bénévoles!

En février 2018, le RIF-SK a participé pour la première fois au Heritage Festival of Saskatoon!

En effet, le RIF-SK s’est proposé pour coordonner un Espace Immigration Area bilingue célébrant la diversité du patrimoine de notre province. Pas moins de 6 organisations se sont jointes à l’aventure: Regina Region Local Immigration Partnership (RRLIP), Saskatoon Open Door Society (SODS), Global Gathering PlaceInternational Women of Saskatoon (IWS), la Société historique de la Saskatchewan (SHS) et le RIF-SK.

Et pour la première fois, le RIF-SK s’est entouré de bénévoles pour faire de l’Espace Immigration Area au sein de festival un lieu de rencontre et d’échange convivial. Le RIF-SK a ainsi pu bénéficier du soutien de l’Association des parents fransaskois (APF), du Conseil des écoles fransaskoises (CÉF) et de la Société historique de la Saskatchewan (SHS) qui ont généreusement mobilisé leur réseau pour le RIF-SK.

bénévoles HFOS 2018
Photo du haut: certains représentants des organismes partenaires de l’Espace Immigration Area | Photo du bas: Elvira Sessou, bénévole souriante et dynamique de l’AJF à la table du RIF-SK

Au total, sept bénévoles nous ont ainsi rejoints le 4 février : Liberté Gagné (APF), Amy-Valérie Olivier (CÉF), Elvira Sessou (AJF), Rebecca Zakreski (SODS), Ashley Vercammen (SODS), Déborah Chevalier (SHS) et Alice Gaudet (SHS). Le RIF-SK a remis une attestation de bénévolat à Liberté Gagné, Amy-Valérie Olivier et Elvira Sessou pour souligner leur contribution exceptionnelle à l’animation de la table du RIF-SK.

Un grand merci à ces bénévoles qui rendent notre engagement communautaire possible et si plaisant!

Carol Brouwers du RRLIP

La coordination du RIF-SK travaille de concert avec le Regina Region Local Immigration Partnership (RRLIP), qui est une initiative communautaire locale financée par IRCC. Le RRLIP realise à l’échelle locale un travail qui s’apparente à celui que réalise le RIF-SK, à l’échelle provinciale. L’équipe du RRLIP comprend Carol Brouwers, coordinatrice, Laura Strong, chargée de projets et Deborah Stevens, adjointe administrative.

photo RRLIP-In-Tac project
Carol Brouwers, coordinatrice du RRLIP (à droite) s’adressant à Ronald Labrecque, directeur-adjoint de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), pendant que Brandi Arnold, de Regina Police, répond aux questions relatives à la sécurité en ville. Session In-TAC, 7 février 2018.

La coordination du RIF-SK siege aussi sur le conseil du Regina Region Local Immigration Partnership (RRLIP). Le RIF-SK est ainsi en contact avec les acteurs du secteur de l’immigration anglophone dans la région de Regina. Cela permet d’échanger bonnes pratiques et ressources. Par exemple, le RRLIP a coordonné le projet In-Tac Regina auquel l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) a participé au nom de la communauté francophone, à la demande du RIF-SK. 

Cet atelier en ligne  a permis à une cinquante d’immigrants chinois de suivre une présentation de 30 minutes sur la vie à Regina, puis de poser des questions pendant 30 minutes sur des points aussi variés que les programmes d’ingénieur, la disponibilité des taxi, les rapports avec la police, pour ne citer que ces exemples. Les membres du conseil presents ont pu répondre directement à certaines questions en lien avec leur secteur d’activités. La rétroaction reçue au terme de l’atelier a été très positive:

« Congratulations to you for such a successful workshop on Regina! On behalf of the In-TAC Pre-arrival team, I would like to thank you for your well prepared and well delivered online workshop on Regina. 50 clients from China had attended the workshop and they were very satisfied with the information you presented. They enjoyed the Q and A session. It is a true pleasure to work with you and amazed to learn how technology can play a role in helping us provide quality services to clients thousands of miles away. » (Source: Monthly Update from the RRLIP Project Office, February 2018)

 

Rencontre avec Jérôme Melançon

Le RIF-SK a participé cette année à la cinquième conférence organisée par le groupe de recherche Voies vers la prospérité, financé par IRCC, qui s’est tenu les 16 et 17 novembre 2017, à Toronto. Ce groupe est, en fait, selon leur  site Web, « une alliance visant à favoriser des communautés accueillantes promouvant l’intégration civique, économique et sociale des migrants et des minorités au Canada. »

C’est dans ce contexte que le Centre canadien de recherche sur les francophonies en milieu minoritaire (CRFM), organisme membre du RIF-SK,  a pu être représenté en la personne de Dr. Jérôme Melançon, directeur du CRFM. Nous lui avons posé quelques questions.

En quoi participer à VVP est important pour le CRFM ?

Tout d’abord, le CRFM s’est engagé comme organisme collaborateur au sein du partenariat de recherche VVP. Ensuite, je cherche constamment à écouter les praticiens et praticiennes qui rencontrent les problèmes et apportent les réponses au quotidien. C’est mon rôle en tant que chercheur de relayer leurs soucis, de les examiner, de trouver les données qui aident à mieux les comprendre. Enfin, le fait d’avoir pu rencontrer des agentes d’établissement anglophones comme francophones de partout au pays me permet par ailleurs de comparer les expériences entre les milieux et les communautés d’origines diverses.

Quel projet as-tu choisi de présenter et pourquoi ?

L’inclusion, le respect de la différence, l’antiracisme et la collaboration interculturelle me tiennent à cœur. Il me semble qu’il y a souvent un écart entre les discours et les attitudes sur l’immigration et surtout sur qui peut se dire francophone et qui peut se dire fransaskois : on dit une chose, ce qui a déjà un poids important et est louable, mais on fait aussi parfois autre chose. Ensuite, vient la question de attentes à l’endroit des immigrants : les attentes qu’ont les communautés francophones à l’endroit des immigrants sont-elles justes ? Qu’arrive-t-il s’ils ne sont pas en mesure de répondre à ces attentes ?

Quelle a été la réaction du public ?

Il semble que plusieurs autres participants se posent des questions similaires. Certains auraient aussi aimé avoir la chance de réfléchir davantage au côté de la question qui a trait non seulement à ce que nous faisons et pouvons faire, mais aussi sur ce que nous devrions faire ou éviter.

En quoi ton expertise de chercheur est-elle profitable aux organismes siégeant à la table de concertation du RIF-SK ?

En tant que chercheur, je travaille aussi avec une catégorie d’immigrants qu’on oublie souvent : les étudiantes et étudiants internationaux. Plusieurs viennent à Regina pour apprendre et pourraient décider d’y rester si leur expérience des communautés francophones est positive et enrichissante et s’il y a des occasions de travailler après l’obtention de leur diplôme. C’est là un de mes espoirs à moyen terme, de faciliter la rétention de ces étudiants et étudiantes.

Vous souhaiter contacter Dr. Jérôme Melançon? Faites-le par courriel à jerome.melancon@uregina.ca ou par téléphone au 306.585.5243